VINCI Autoroutes

Auvergne-Rhône-Alpes, Loire

Colonne brisée

Découvrez, sur l’aire des Suchères, au bord de l’A89, une étonnante œuvre d’art, vestige antique des années 80.

L'art d'autoroute, une spécificité française.

Mis en place en 1951, le « 1% artistique » impose qu'1% du coût de construction de chaque commande publique soit consacré à l'achat d'une œuvre artistique. Imaginé dans un premier temps pour embellir les écoles, le dispositif sera élargi, dans les années 80, aux autoroutes, entraînant la construction de 83 œuvres dont certaines sont aujourd’hui célèbres, comme le monumental Woinic, sanglier géant symbole des Ardennes.
Plus énigmatique que l’imposant mammifère, la Colonne brisée, écroulée sur l’aire des Suchères, près de l’autoroute A89, entre Clermont-Ferrand et Saint-Etienne, est l’œuvre des artistes Anne et Patrick Poirier. Architectes, archéologues, sculpteurs paysagistes, les Poirier sont fascinés par les traces laissées par le temps et ont, dans cette optique, construit de "fausses ruines", notamment des colonnes, à Prato, en Italie, à Toronto, au Canada, ou dans le quartier du Ponant à Paris.
La Colonne brisée fut installée sur l'aire d'autoroute des Suchères en 1984. Elle est composée d’une douzaine d’anneaux faits de béton armé et recouverts de marbre. Quelques-uns sont empilés, formant comme une base de colonne tout de même haute de dix mètres, les autres semblent avoir chuté au sol. Si le sens interroge, une certitude existe : la Colonne brisée ne tombera pas plus bas.

L'art d'autoroute, une spécificité française.

VINCI Autoroutes
La Colonne brisée sur l'aire de Suchères - Autoroute A89

L'Auvergne, au cœur de la culture gallo-romaine.

La Colonne brisée des Poirier n’est pas la seule ruine à admirer en Auvergne. La région dispose en effet de très nombreux vestiges de l'époque gallo-romaine. Pour en apprendre plus sur la période, rendez-vous au musée gallo-romain Michel Pomarat, à Saint-Paulien. La visite est pensée comme une expérience, la traversée d'un chantier de fouilles où se dévoilent, petit à petit, mosaïques, amphores, outils, bijoux…
Dans le Puy-de-Dôme, le temple de Mercure, construit au IIe siècle avant notre ère, demande lui un travail d'imagination : les escaliers de pierre et les terrasses sont les seuls vestiges du grand monument d'autrefois. Plus aucune trace, par contre, de la statue de Zénodore évoquée par Pline l’Ancien… Le temple de Mercure fait régulièrement l’objet de campagnes de restauration menées par des passionnés. Pour rendre au temple sa splendeur initiale, on déconseille le choix des Poirier comme architectes.
A Clermont-Ferrand, le mur des Sarrasins est lui le dernier vestige du temple Vasso Galate, une ruine située au cœur de la ville. Les pierres noires, empilées là au IIIe siècle, tranchent avec l'arrière-plan, des immeubles d’habitation construits dans les années 50. Un peu comme si on installait une colonne antique près d'une autoroute…

VINCI Autoroutes

Une œuvre monumentale au pays des géants.

Chacun des douze anneaux de la Colonne brisée mesure 5 mètres de diamètre, et 2,5 de hauteur : si elle ne s'était pas "écroulée", elle serait haute de près de 30 mètres, tout de même trois fois plus grande que celles du Parthénon d'Athènes ! De quoi faire fonctionner l'imagination : cette colonne est-elle le reste d'un temple dédié à Vulcain, dieu des forges, du fer et du feu, choix logique en Auvergne, pays des volcans ? Elle n'aurait pas été installée près du Puy de la Vache, volcan endormi de la chaîne des Puys déjà sujet de nombreuses légendes…
Mais il n'est pas forcément besoin de faire appel aux dieux pour comprendre le gigantisme de la colonne : quel que soit son sens, l'œuvre des Poirier est avant tout la preuve d'un savoir-faire, à découvrir en se rendant dans la vallée des forges, à Pont-Salomon, qui raconte la révolution industrielle du XIXe siècle, ou à Saint-Etienne, en visitant le musée d'Art et d'Industrie. Deux thématiques réunies dans la Colonne brisée des Poirier, à admirer avant de reprendre la route peut-être, qui sait, en direction de l'aire de repos de Narbonne-Vinassan, où l'on peut voir sortir du sol, haute de plusieurs mètres, la tête souriante de Charles Trenet. Une autre histoire.

Informations pratiques

Adresse

Colonne brisée
42440 LES SALLES
France

Horaires d’ouverture



Tarifs d'entrée :
    Gratuit