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Route thématique

La route des seigneurs du Pays basque

De l’Atlantique aux Pyrénées, suivez la glorieuse route des seigneurs du Pays basque, chevaliers protecteurs et rois en conquête.

Prenez la route des seigneurs du Pays basque, princes, chevaliers, croisés et monarques. De palais-forteresses en ponts de légende, le Béarn tout entier raconte leur histoire. Le chemin menant aux croisades comme celui menant à la couronne de France commence au Pays basque.

aux portes du royaume d’Espagne

Saint-Jean-de-Luz

La route des seigneurs du Béarn débute à Saint-Jean-de-Luz, à quelques kilomètres de la frontière espagnole. En face du port se dresse la maison de l’Infante. En plein Pays basque, elle surprend avec ses briques roses et ses tours de vigie typiques de l’architecture vénitienne. Marie-Thérèse, infante d’Espagne, a attendu ici l’arrivée de Louis XIV, son futur époux, qui avait lui aussi une demeure en ville, une bâtisse basque embellie d’une superbe façade. Le roi n’y a résidé que 40 jours, le temps des cérémonies nuptiales, avant de reprendre la route.

Faites comme lui et prenez la direction du château d’Urtubie. Construit en 1341, il a d’abord été la propriété des vicomtes de Labourd, puis de la maison de Tartas. Plus tard, il a accueilli Louis XI, puis, près de quatre siècles plus tard, le duc de Wellington, futur vainqueur de Napoléon à Waterloo. Le château, meublé et décoré comme au temps jadis, sert régulièrement de décor pour des “escape game” d’exception. Après avoir trouvé la clé de l’énigme, poursuivez la route des seigneurs avec l’élégant château d’Olce, à Iholdy, puis celui de Gramont. Cette construction est un exemple typique de château gascon édifié au XIIIe siècle par la famille de Montaut. Faites halte pour observer les jardins en terrasse, les vieilles pierres blanches et les fenêtres travaillées. Cet héritage des remaniements opérés durant la Renaissance mérite bien de s’arrêter pour l’après-midi.

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Maisons basques et port de Saint-Jean-de-Luz
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le Béarn authentique

Au pays d’Orthe et Arrigans

Pour entrer sur ces terres, il faut passer par Sauveterre-de-Béarn. Ce petit village des Pyrénées, sur la route de Compostelle, est fameux pour son église du XIIe siècle et la tour Montréal, haute de 37m. Son pont fortifié du Xe siècle est très impressionnant, car il surplombe la rivière Gave d’Oloron. Il donne l’impression d’être tout droit sorti d’un conte de fées. Auparavant muni d’un pont-levis, il a servi de point de passage vers la Navarre. Ici, en 1170, la reine Sancie, accusée d’avoir assassiné son fils nouveau-né, a été soumise par le roi au jugement de Dieu : jetée à l’eau, elle ne fut pas engloutie par les flots mais ramenée sur la rive, preuve de son innocence… Ne tentez pas l’expérience et continuez la route des seigneurs au sein du pays d’Orthe et Arrigans.

Entre Pays basque et Béarn, de nombreuses merveilles vous attendent. Pour vous rafraîchir, rejoignez le lac de Tastoa ou celui de la Sablère, ou faites un détour par les étangs de Garanx. Allez faire des provisions de produits locaux à Peyrehorade, qui tient un marché au gras et à la volaille depuis 1358 ! En terrasse, déjeunez de pieds de cochon, la spécialité du pays, accompagnés d’un étonnant pastis landais. Libre à vous ensuite d’assister à une course landaise, jeu taurin où l’animal ne perd pas forcément à la fin, ou à une partie de pelote basque.

La route des seigneurs se poursuit avec la visite de trois belles abbayes : l’abbaye d’Arthous construite au XIIe siècle et sa belle architecture romane ; l’abbaye de Sorde à Saint-Jean, sur le chemin de Compostelle ; l’abbaye Notre-Dame de Corhéta, lieu de sépulture des Vicomtes d’Orthe.

Les berges tranquilles de l’Adour rejoignent le château de Serbat, construit en 1270. Offert en 1610 à Jean de Laàs, fait baron pour avoir combattu au côté du futur Henri III, roi de France et de Navarre, le château a été transformé en belle résidence au XVIIe siècle. Il abrite aujourd’hui le musée des Arts décoratifs. Pas assez guerrier pour vous ? Reprenez la route vers l’est et entrez sur les terres du seigneur de la région.

sur les terres du roi des Pyrénées

Les forteresses de Gaston Fébus

Au Pays basque, les châteaux sont des forteresses aux murs si épais que les tours et les chemins de ronde ne servent pas qu’à faire joli. Le château de Morlanne fut érigé en 1373 par Gaston III de Foix-Béarn. Plus connu sous le nom de Gaston Fébus, surnom en référence au soleil et à sa blonde chevelure, il se l’est choisi lui-même après une croisade en Prusse. Prince, écrivain et poète, Gaston Fébus, connu pour être l’un des meilleurs chasseurs de son époque, a profité de la guerre de Cent Ans pour tenter d’unifier toute la Gascogne et les Pyrénées sous sa bannière.

Pour parvenir à son objectif, il a fait construire plusieurs forteresses, dont celle de Morlanne. Avec ses murs épais, son chemin de ronde et sa tour crénelée, elle semble, plus de 600 ans après sa construction, toujours prête à défendre la patrie. Plus paisible, le village, au bas de la forteresse, charme avec sa petite église et ses demeures des XVIIe et XVIIIe siècles.

La route des seigneurs continue vers Pau, la capitale du Béarn depuis 1464. Le château, construit sur un éperon rocheux, surplombe le Gave. Si une fortification était présente dès le Xe siècle, elle a été augmentée par Gaston Fébus qui a fait du château une citadelle imprenable. Ses successeurs ont apporté eux aussi leur pierre à l’édifice, qu’il s’agisse de son fils, Gason IV de Foix-Béarn, d’Henri II ou de Napoléon III. Mais le fait le plus marquant concernant le château est sans nul doute la naissance du bon roi Henri IV. Dans le musée du château une pièce étonnante est exposée. Il s‘agit du berceau du futur roi de France : une carapace de tortue ! Recouvert d’un velours bleu profond à fleurs de lys, surmonté de six lances de bois doré ornées de drapeaux et entouré d’une couronne de lauriers, il prédestinait un destin grandiose…

Le voyage se poursuit au château de Montaner où une tour de guet et des murailles comme une gigantesque arène sont les seuls vestiges. Cela résume assez bien l’esprit combatif de Gaston Fébus. Reprenez la route pour découvrir le village d’Oloron-Sainte-Marie, point final de votre voyage en pays basque. Son château, partiellement en ruines, n’est plus très effrayant. Mais dans cette ville d’art et d’histoire, l’intérêt est ailleurs. Montez la tour de la Grède pour observer les superbes vallées d’Ossau, d’Aspe, et au loin les cols pyrénéens. S’il n’y a pas ici de forteresse guerrière, il y a sans nul doute des raisons de se battre.

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Vue aérienne de Pau